Un médicament vieux de plusieurs décennies utilisé en médecine de transplantation peut ralentir considérablement la progression du diabète de type 1 (DT1) nouvellement diagnostiqué – et une nouvelle étude confirme que même une faible dose est remarquablement efficace, avec moins d’effets secondaires qu’on ne le pensait auparavant. Les résultats offrent un traitement abordable et potentiellement révolutionnaire pour une maladie qui touche des millions de personnes.
Le défi du diabète de type 1
Le diabète de type 1 est une maladie auto-immune dans laquelle l’organisme attaque ses propres cellules productrices d’insuline (cellules bêta) dans le pancréas. L’insuline est cruciale pour réguler la glycémie ; sans cela, le glucose s’accumule, entraînant de graves complications de santé. Cependant, de nombreux patients nouvellement diagnostiqués connaissent une « phase de lune de miel » au cours de laquelle certaines fonctions des cellules bêta demeurent – une fenêtre critique pour une intervention. La préservation de la fonction des cellules bêta, même temporairement, peut réduire considérablement les risques à long terme comme les maladies cardiaques et rénales.
Nouvelle recherche sur la globuline antithymocytaire polyclonale (ATG)
Des chercheurs de l’hôpital universitaire Gasthuisberg de Louvain en Belgique ont mené un essai impliquant 117 participants (âgés de 5 à 25 ans) diagnostiqués avec le DT1 dans les neuf semaines suivant le début de l’étude. Ils ont testé différentes doses d’ATG, un médicament immunosuppresseur, pour voir son impact sur le fonctionnement des cellules bêta.
Les résultats étaient clairs : même la dose la plus faible (0,5 mg/kg de poids corporel) préservait efficacement la fonction des cellules bêta pendant un an. De manière critique, cette dose réduisait également de manière significative les effets secondaires, tels que la maladie sérique (une réaction immunitaire aux protéines d’origine animale contenues dans le médicament). Des doses plus élevées, bien que tout aussi efficaces, ont déclenché des effets indésirables bien plus graves.
Pourquoi c’est important : coût et accessibilité
L’auteure principale de l’étude, la Dre Chantal Mathieu, a souligné l’attrait du médicament : « L’ATG a fonctionné à merveille… le plus grand bénéfice a été observé chez les plus petits enfants. » Ceci est important car les traitements existants comme le teplizumab (Tzield) ne sont approuvés que pour le diabète à un stade très précoce, ce qui limite leur applicabilité. D’autres options, telles que le baricitinib, nécessitent une utilisation continue. L’ATG est non seulement efficace, mais également peu coûteux et largement disponible, ce qui en fait une option viable pour un accès plus large aux patients.
Développements futurs : anticorps génétiquement modifiés
Les chercheurs explorent actuellement une version de nouvelle génération d’ATG cultivée sur des vaches génétiquement modifiées, conçue pour produire des anticorps humains. Cela pourrait éliminer complètement la maladie sérique et potentiellement améliorer l’efficacité. L’essai, dirigé par le Dr Michael Haller de l’Institut du diabète de l’Université de Floride, devrait commencer à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine.
L’espoir est que cette nouvelle formulation soit encore plus sûre et plus efficace dans le traitement du diabète de type 1.
Cette recherche offre un optimisme renouvelé pour la gestion du DT1, en particulier chez les jeunes enfants, en fournissant une option de traitement rentable et bien tolérée. Bien qu’une approche multi-médicaments puisse à terme être nécessaire, l’ATG représente un pas en avant important pour retarder la progression de la maladie et améliorer les résultats de santé à long terme.





















