Nanotyrannus : Une espèce distincte de tyrannosaure coexistait avec le T. Rex

0
19

De nouvelles recherches mettent en lumière le monde des dinosaures de la fin du Crétacé, révélant que Nanotyrannus n’était pas un juvénile Tyrannosaurus rex, mais plutôt une espèce distincte et contemporaine. Cette découverte modifie considérablement notre compréhension de la diversité des prédateurs juste avant l’extinction il y a 66 millions d’années.

La question de Nanotyrannus

Depuis de nombreuses années, les paléontologues s’appuient sur les fossiles de Nanotyrannus pour étudier la croissance et le comportement du Tyrannosaurus rex. La question de savoir si Nanotyrannus était simplement un jeune T. rex est un débat de longue date. Cependant, un examen récent d’un squelette de Nanotyrannus exceptionnellement bien conservé, découvert dans la formation Hell Creek du Montana, fournit des preuves convaincantes pour remettre en question cette hypothèse de longue date.

Un dinosaure mature et distinct

La recherche, publiée dans Nature, se concentre sur un spécimen de Nanotyrannus presque pleinement développé. À l’aide d’analyses détaillées des anneaux de croissance, des modèles de fusion vertébrale et de l’anatomie du développement, l’équipe a déterminé que cet individu avait environ 20 ans – pleinement mature et biologiquement distinct du Tyrannosaurus rex. Des caractéristiques squelettiques clés ont contribué à cette conclusion :

  • Membres antérieurs plus grands : Nanotyrannus possédait des membres antérieurs plus développés que T. rex.
  • Plus de dents : Le spécimen Nanotyrannus avait un plus grand nombre de dents.
  • Moins de vertèbres caudales : Son nombre de vertèbres caudales différait considérablement.
  • Modèles nerveux uniques du crâne : Le crâne présentait des schémas nerveux distincts non observés dans T. rex.

“Pour que Nanotyrannus ne soit qu’un jeune Tyrannosaurus rex, il faudrait défier tout ce que nous comprenons sur la croissance des vertébrés. Ce n’est pas seulement improbable, c’est biologiquement impossible”, explique le Dr James Napoli de l’Université de Stony Brook.

Une nouvelle espèce : Nanotyrannus lethaeus

Les chercheurs ont également examiné plus de 200 autres fossiles de tyrannosaures et ont découvert qu’un squelette précédemment identifié, autrefois considéré comme un adolescent T. rex, était subtilement différent du connu Nanotyrannus lancensis (qui fait partie du célèbre fossile des “Dinos en duel”). Sur la base de ces observations, l’équipe a identifié une nouvelle espèce au sein de la lignée Nanotyrannus : Nanotyrannus lethaeus.

Implications pour les écosystèmes de la fin du Crétacé

La confirmation de Nanotyrannus en tant qu’espèce distincte a des implications significatives :

  • Plus grande diversité des prédateurs : Cela indique que la diversité des prédateurs au cours du dernier million d’années du Crétacé était considérablement plus grande qu’on ne le pensait auparavant.
  • Repenser les modèles de croissance des tyrannosaures : Les modèles de longue date de croissance et de comportement du Tyrannosaure, basés sur les fossiles de Nanotyrannus, doivent maintenant être réévalués.
  • Possibilité d’identités erronées : Les chercheurs suggèrent que d’autres espèces de dinosaures de petite taille pourraient avoir été identifiées de manière similaire.

“Cette découverte dresse un tableau plus riche et plus compétitif des derniers jours des dinosaures”, déclare le Dr Lindsay Zanno de l’Université d’État de Caroline du Nord et du Musée des sciences naturelles de Caroline du Nord. “Bien que le Tyrannosaurus rex soit un redoutable prédateur avec sa taille massive, sa morsure puissante et sa vision stéréoscopique, il n’a pas régné incontesté.”

Nanotyrannus se précipitait à côté, un chasseur plus mince, plus rapide et plus agile.”

Les nouvelles découvertes soulignent un écosystème dynamique du Crétacé supérieur avec de multiples prédateurs au sommet, modifiant notre perception du dernier chapitre de l’ère des dinosaures. L’article de recherche complet, “Nanotyrannus et Tyrannosaurus coexistaient à la fin du Crétacé”, est publié dans Nature.