The Pitt de HBO n’est pas seulement un drame médical ; c’est un reflet frappant des pressions auxquelles sont confrontés les soins de santé modernes. Même si la série ne craint pas les blessures graphiques et le chaos dans les salles d’urgence, son scénario le plus troublant n’est pas le gore : c’est l’adoption lente et rampante de l’IA générative dans les flux de travail des hôpitaux.
La deuxième saison se concentre sur un seul et brutal quart de travail du 4 juillet au Pittsburgh Trauma Medical Center. Alors que le médecin chevronné, le Dr Robby Robinavitch, se prépare à prendre un congé sabbatique, le Dr Baran Al-Hashimi arrive pour aider à gérer la salle d’urgence. La tension n’est pas seulement une friction personnelle ; il s’agit de philosophies différentes sur la manière de gérer un système surchargé. Le Dr Al-Hashimi défend les logiciels de transcription basés sur l’IA, tandis que d’autres restent sceptiques.
La question centrale n’est pas de savoir si l’IA fonctionne, mais pourquoi les hôpitaux s’y tournent en premier lieu. Le Dr Trinity Santos, résidente de deuxième année, a du mal à suivre le rythme, mettant en évidence un problème systémique : le manque de personnel et l’épuisement professionnel. L’IA n’est pas présentée comme une solution, mais comme un pansement pour des blessures plus profondes. Bien que le logiciel transcrive avec précision la plupart des dictées, les erreurs inévitables, comme celles dans le dossier d’un chirurgien, démontrent que l’IA n’est pas infaillible.
The Pitt ne tombe pas dans le piège facile de « l’IA est mauvaise ». Au lieu de cela, il explore les raisons pragmatiques pour lesquelles les professionnels pourraient l’utiliser, ainsi que le besoin critique de scepticisme. L’émission reconnaît les poursuites judiciaires réelles concernant les erreurs médicales liées à l’IA et les études remettant en question la fiabilité de l’IA dans les soins de santé. Le renforcement de l’IA du Dr Al-Hashimi souligne à quel point l’adoption de la technologie peut augmenter la charge de travail grâce à une double vérification, exacerbant ainsi l’épuisement professionnel plutôt que de l’atténuer.
Le message sous-jacent est clair : la technologie ne peut pas résoudre les problèmes systémiques. La transcription basée sur l’IA peut accélérer la création de graphiques, mais elle ne peut pas résoudre le problème du manque de personnel ou du surpeuplement. L’émission reflète les défis du monde réel, notamment la pénurie nationale d’infirmières et le sous-financement des hôpitaux. La solution ne consiste pas à s’attaquer au problème avec plus de technologie, mais à s’attaquer aux causes profondes : plus de personnel, plus de ressources et un système durable.
The Pitt n’est pas seulement un drame ; c’est une mise en garde sur la façon dont la technologie peut masquer les échecs fondamentaux des soins de santé, plutôt que de les résoudre. Le génie de la série réside dans son refus de simplifier une problématique complexe.



















