Les dinosaures à long cou nouvellement éclos, y compris les espèces qui deviendront plus tard des rorquals bleus en taille, constituaient une source de nourriture cruciale pour les prédateurs de la période jurassique, bien avant l’évolution du Tyrannosaurus rex. Cette découverte, menée par des paléontologues de l’University College de Londres, remodèle notre compréhension des écosystèmes de dinosaures et des pressions évolutives.
L’ampleur du réseau alimentaire jurassique
Les sauropodes adultes comme Diplodocus et Brachiosaurus étaient colossaux, capables de faire trembler le sol à chaque pas. Cependant, leurs œufs étaient relativement petits – environ un pied de diamètre – et leur progéniture était très vulnérable pendant des années à mesure qu’elle grandissait. Contrairement aux soins parentaux modernes, les preuves suggèrent que les nouveau-nés de sauropodes étaient largement sans protection, ce qui en faisait des cibles faciles.
L’équipe de recherche a reconstruit le réseau trophique de la formation Morrison, vieille de 150 millions d’années, à l’aide de fossiles de la carrière de dinosaures de Dry Mesa, un gisement d’une richesse unique s’étendant sur 10 000 ans. En analysant la taille des dinosaures, l’usure des dents, les signatures isotopiques et même le contenu de l’estomac, les scientifiques ont construit une carte haute résolution des relations prédateurs-proies.
Sauropodes : le moteur de l’écosystème
L’étude révèle que les sauropodes ont eu un impact écologique bien plus important qu’on ne le pensait auparavant. Ils formaient plus de liens au sein du réseau alimentaire, reliant les plantes et les animaux, que d’autres grands groupes d’herbivores comme les ornithischiens (tels que Stegosaurus ). Cela suggère que les sauropodes ont fondamentalement façonné l’écosystème jurassique.
« Les sauropodes ont eu un impact dramatique sur leur écosystème… Notre étude nous permet pour la première fois de mesurer et de quantifier le rôle qu’ils ont joué. » – Dr Cassius Morrison, University College de Londres
L’abondance de jeunes sauropodes comme proies faciles pourrait même avoir influencé l’évolution des prédateurs ultérieurs. Les chercheurs postulent que la disponibilité réduite de ces cibles vulnérables à la fin du Jurassique aurait pu entraîner des adaptations chez le Tyrannosaurus rex, le forçant à développer des morsures plus fortes, des tailles plus grandes et une vision améliorée pour chasser des proies plus redoutables comme le Triceratops.
Pression évolutive et prédateurs au sommet
Les prédateurs du Jurassique – Allosaurus et Torvosaurus – ont peut-être bénéficié d’un environnement de chasse moins difficile que leurs successeurs du Crétacé. Certains fossiles d’Allosaurus montrent des blessures guéries suite à des rencontres avec des dinosaures blindés comme le Stegosaurus, mais l’approvisionnement constant en jeunes sauropodes a probablement permis aux prédateurs blessés de survivre et de se rétablir.
Cette recherche fournit un nouveau cadre pour comparer les écosystèmes de dinosaures à différentes périodes, aidant ainsi les scientifiques à mieux comprendre les forces évolutives qui ont façonné ces mondes anciens. En quantifiant le rôle d’espèces clés comme les sauropodes, les paléontologues peuvent désormais mesurer et analyser les relations écologiques avec des détails sans précédent.
En conclusion, cette étude souligne l’importance des jeunes dinosaures vulnérables dans le maintien des écosystèmes jurassiques. L’abondance de proies faciles a non seulement alimenté le réseau trophique, mais a également exercé une pression sélective sur l’évolution des prédateurs, influençant finalement les prédateurs supérieurs des périodes ultérieures.




















