Pourquoi nager à Cold Lakes bat la piscine intérieure

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Il existe une certaine forme de liberté qui ne vient que lorsque l’on grelotte en maillot de bain au bord d’un lac au début de l’été. Le soleil se cache derrière de minces voiles de nuages, faibles et lointains. L’eau devant vous est une surface gris-bleu, plombée, intacte et presque fermée, comme si le lac gardait une peau même après la fonte des glaces.

Vous restez là, les bras croisés, à regarder l’ondulation des feuilles de peuplier sur les flancs argentés. L’air est frais. Le sable entre vos orteils est granuleux et humide. Vous hésitez. La température de l’eau est à peine de 14 degrés Celsius. C’est la première baignade en eau libre d’une année difficile.

Le choc du froid contre le confort du chlore

La plupart des gens auraient choisi la piscine intérieure. C’est la valeur sûre. Les piscines intérieures offrent une eau incolore entre des carreaux bleus, entourées de vapeurs de chlore et d’air chaud et humide. Les conditions minimisent la barrière psychologique à l’entrée. Vous pouvez intervenir sans effort.

Mais il y a une différence.

Lorsque vous entrez dans le lac, le froid est vitreux et immédiat. Vous y réfléchirez peut-être mieux à mi-chemin, en vous plongeant jusqu’à la taille. Mais ensuite, vous poussez vos bras dans l’eau et l’éclaboussez sur votre poitrine. Vous vous dites : Après, vous vous sentirez mieux.

C’est la seule vérité sur la natation qui résiste toujours.

Vous plongez.

Combien de temps faut-il pour s’adapter ?

Il faut vingt-cinq à trente mouvements pour que votre respiration se normalise.

Au début, vous ressentez un rhume cuisant autour des tempes, comme un léger mal de tête chantant. Votre corps a l’impression de brûler dans l’eau. Vous expirez d’énormes jets d’air silencieux sous l’eau, comme des cris silencieux. Puis, lentement, les tensions et les bandes froides autour de votre poitrine se relâchent.

Vous devenez plus calme.

Le rythme que vous connaissez bien s’installe. Vos traits touchent la surface gris ardoise en se répétant. Quelques rayons de soleil éclairent le rivage et plongent devant vous dans les profondeurs sablonneuses. Vous êtes en route. Vous êtes là.

Pourquoi Open Water change votre perspective

Du coup, on comprend ce qui a manqué tout l’hiver.

Ce n’est pas seulement l’eau. C’est la nature multicolore de l’eau libre. Le goût du sable, des feuilles et de l’air. L’action des ondes lumineuses que le vent pousse contre vous. Les larges étendues de lumière ondulée.

Il devient impensable de retourner aux piscines intérieures et de passer à côté de cela. La sauvagerie de l’eau. Le jeu entre les fantaisies des profondeurs et l’éclat enivrant du ciel allongé sur l’eau.

Ce qui vous rebutait au départ apparaît désormais comme la plus belle chose de toutes.

Le froid se transforme en clarté. L’inaccessibilité de l’eau devient la solitude rafraîchissante de ce lac. Vous mélangez votre respiration avec le lac comme un plongeur en haute mer, libérant des bulles d’air de manière uniforme et rythmée sur le fond de l’océan, entouré d’un vaste silence enveloppé d’eau.

Vous nagez votre parcours avec intensité. Vous nagez bien après la fin. Vous vous retournez sur le rivage pour un dernier regard en arrière.

Vous aviez raison. Après, tu te sens mieux.

Plus que ça.